Marcel Gottofrey joueur d'échecs amateur

Robert James (Bobby) Fischer – Répertoire d'ouvertures




Mon répertoire d'ouvertures calqué sur celui de Bobby Fischer

Et voici ma mise en pratique quasi quotidienne via Internet et devant l'échiquier

Préambule

Bien que ce soit ma chère Maman qui m'en ait "soufflé" les toutes premières mais ô combien essentielles notions, c'est en fait grâce à Robert James (Bobby) Fischer, aujourd'hui décédé, que j'ai pu faire connaissance avec le jeu d'échecs – le jeu des Rois. Et rapidement il devint une passion – à vie!

En 1972, le fameux match du siècle entre Boris Spasskj, tenant du titre mondial, et Bobby Fischer, challenger, avait fait partout beaucoup de bruit, et bon nombre de personnes de tout âge, jeunes et moins jeunes, dont mes parents, ont ressorti l'échiquier et les pièces de l'armoire pour se remettre à jouer aux échecs. Et les clubs d'échecs enregistrèrent un afflux sans précédent de nouveaux membres, débutants ou sachant déjà jouer aux échecs. Et c'est ainsi qu'un certain dimanche d'octobre 1972, en lieu et place de me rendre au stade de Coubertin à Vidy, que j'ai commencé par apprendre comment se déplacent les pièces, en commençant par les pions. Si mes souvenirs sont bons, c'est le déplacement bizarre en forme de "L" – incompréhensible au premier abord – du cavalier qui m'avait donné le plus de fil à retordre.

Si vous me faites l'honneur de visiter ma rubrique "Le jeu d'échecs", vous en apprendrez davantage sur le déroulement et l'évolution de ma déjà bien longue carrière échiquéenne en qualité de joueur amateur. Et il y a un début à tout, que ce soit à l'école, dans la vie professionnelle ou dans le sport : "C'est en forgeant qu'on devient forgeron".

Sur la notation des coups

Si vous n'avez encore pas eu l'occasion de lire un livre ou une revue consacrés au jeu d'échecs de compétition, la présente publication vous fournit maintenant l'opportunité de vous familiariser avec la notation des coups, telle qu'elle se pratique obligatoirement en compétition, et ce à tous les niveaux.

Posez l'échiquier devant vous, de manière à ce que l'une des deux cases blanches placée au coin de l'échiquier se trouve à votre droite. Le joueur placé en face aura également une case blanche à sa droite. Si votre échiquier comporte les coordonnées littérales et numériques, eh bien, tant mieux. Droit devant vous, les cases sont numérotées littéralement et horizontalement, comme suit : A, B, C, D, E, F, G et H. Et, verticalement, en numérique, à votre gauche : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8. En ce qui concerne la notation des coups des pièces mineures et lourdes, les coordonnées des cases sont précédées de la première lettre de la désignation de la pièce, soit : Roi = R, Dame = D, Tour = T, Cavalier = C, Fou = F, Pion = néant.

Si maintenant vous avancez de deux cases le pion du Roi (lettre e) se trouvant d'ores et déjà sur la deuxième rangée, cela se note ainsi: 1. e2 - e4 → notation abrégée : 1. e4. Et si ensuite vous déplacez votre cavalier qui se trouve du côté du Roi, cela donne : 2. Cg1 - f3 → notation abrégée : 2. Cf3. Les "Noirs" jouent bien entendu aussi entre-temps.

Dès lors, voici de quelle manière est annoté le plus court mat possible – donné par les noirs (!) :

1. g2-g4 / e7-e5

2. f2-f3 / Dd8-h4++ échec et mat!

Idem, mais en notation algébrique abrégée :

1. g4 / e5

2. f3 / Dh4++ échec et mat!

Et pour indiquer la prise d'un pion ou d'une pièce, soit le pion placé sur la case e4 prend le pion placé sur la case d5, on la note ainsi: e4xd5. Là aussi on peut avoir recours à la notation abrégée : e.d ou ed (un peu comme en algèbre). Toutefois, si deux pions placés sur la colonne "e" pourraient chacun prendre un pion placé sur la colonne "d", alors il est impératif de préciser lequel : e.d5 ou ed5 ou encore, comme déjà évoqué, e4xd5.

Dans les parties d'échecs de compétition, aussi bien la notation complète qu'abrégée sont admissibles mais elles doivent être lisibles car le formulaire de notation des coups doit être remis à la direction du tournoi dès que la partie d'échecs est terminée. De plus, ce formulaire doit être signé par chacun des joueurs. Quand je joue une partie de compétition, j'use de la notation algébrique abrégée, qui constitue en quelque sorte la "sténographie du joueur d'échecs". En revanche, dans mes commentaires écrits, comme ici, j'ai recours à la notation algébrique intégrale, plus lisible, plus précise, et qui ne laisse subsister aucune incertitude.

Sur les ouvertures d'échecs

Ce sont, par convention, les "Blancs" qui jouent le tout premier coup de la partie. Et les "Noirs" y répondent. Et ainsi de suite, jusqu'au terme de la confrontation. Dans une partie d'échecs, n'importe quel coup d'ouverture peut être joué pour autant qu'il ne déroge pas aux règles de la FIDE (Fédération Internationale Des Échecs). Cependant on a constaté qu'il valait mieux débuter la partie en avançant de deux cases un pion du centre, par exemple le pion du Roi : 1. e2-e4. C'est ce coup d'ouverture qui est le plus populaire et peut-être le meilleur du point de vue pratique. D'autres coups d'ouverture comme 1. c2-c4 (Partie Anglaise), 1. d2-d4 ou encore 1. Cg1-f3 sont considérés comme plus ou moins équivalents.

Ce que l'on nomme communément la "théorie des ouvertures d'échecs" ne constitue en fait qu'une "collection" d'ordres de coups que l'on considère comme étant les meilleurs, jusqu'à ce qu'ils soient réfutés par des coups encore meilleurs.

N.B. : Un ordre de coups ne figurant pas dans la "théorie des ouvertures d'échecs" respectivement dans la collection des ouvertures constitue ce que l'on appelle un "début irrégulier". Dans l'index de la littérature échiquéenne, de tels débuts – parfois appelés "marginaux" – sont mentionnés in fine de l'énumération des ouvertures et variantes. Il est vrai que certaines ouvertures peuvent être qualifiées de douteuses ou de mauvaises car elles ne vont que trop à l'encontre de certains principes "inébranlables" régissant l'ouverture ainsi que le développement des pièces. Toutefois, dans la pratique, il faut d'abord être capable de pouvoir réfuter une telle mauvaise ou douteuse ouverture. Ce qui n'est pas toujours aussi simple, bien loin de là! Et ce sont notamment des motifs d'ordre esthétique qui guident plus ou moins les joueurs d'échecs dans le choix de leurs ouvertures. Et c'était justement le credo de Bobby Fischer d'opter pour des systèmes d'ouvertures alliant harmonie, dynamisme, efficacité et esthétique.

Et voici enfin un aperçu de mon répertoire d'ouvertures proprement dit

Remarque préliminaire – avertissement : Mes commentaires reflètent ma propre manière d'apprécier les choses sur le plan des ouvertures d'échecs et quant au jeu d'échecs tout court. Ils ne sont dès lors pas forcément en accord avec tout ce qui est proclamé ex cathedra par les théoriciens – "docteurs" – en la matière. Et c'est ma pratique personnelle respectivement les expériences faites qui me contraignent de temps à autre, que je le veuille ou non, à reconsidérer ou à réviser mes points de vue.

Défense Philidor (avec les blancs)

1. e2-e4 e7-e5 2. Cg1-f3 d7-d6 Ce pour ainsi dire "modeste" coup de pion inaugure la vénérable Défense Philidor. Il protège "mécaniquement" le pion e5 3. d2-d4 Cb8-d7 La Défense "Hanham". Une autre option, plus populaire et un peu meilleure semble-t-il, consiste en 3. ... Cg8-f6 (Aaron Nimzowitsch). 4. Ff1-c4 C'était en quelque sorte l'arme universelle de Fischer dans bon nombre d'ouvertures. 4. ... c7-c6 5. 0-0 Ff8-e7 6. d4xe5 d6xe5 7. Dd1-e2 Cg8-f6 8. Tf1-d1 Dd8-c7 Roquer par 8. ... 0-0 aurait été meilleur ou moins mauvais que le coup du texte 9. Cf3-g5 Possible était déjà 9. Fc4xf7+ 0-0 10. Fc4xf7+ Et les "Noirs" abandonnent car sur 10. ... Tf8xFf7 suivrait De2-c4.

Il ne s'agit là pas de ma propre partie, mais d'une partie jouée en "Blitz" – partie éclair en 5, 6, 7 ou 10 minutes – en 1963 entre Bobby Fischer et le Grand-Maître américain Reuben Fine. Au moment où cette partie fut jouée, R. Fine, qui pratiquait la psychologie, ne jouait plus que rarement en compétition. Dans le domaine de la compétition échiquéenne, le manque de pratique a souvent sinon toujours des conséquences "funestes". En 1963 Bobby Fischer régatait déjà dans la cour des grands, mais n'était pas encore candidat au titre de Champion du Monde. Et c'est en 1970 qu'il a battu l'un après l'autre tous ses adversaires, ce qui lui avait donné le droit de défier Boris Spasskj en 1972.

Partie Espagnole (avec les "Blancs")

1. e2-e4 e7-e5 2. Cg1-f3 Cb8-c6 D'autres coups sont possibles ici : 2. ... d7-d6 (Défense Philidor), laquelle nous venons de considérer, 2. ... Cg8-f6 (Défense Russe), 2. ... f7-f5 (Gambit Letton) ou encore 2. ... d7-d5 (Contre-Gambit du Centre). Toutefois, le coup du texte est le plus ambitieux si l'on joue pour le gain de la partie. 3. Ff1-b5 a7-a6 ... le coup du génial Paul Morphy. 4. Fb5-a4 Cg8-f6 5. 0-0 b7-b5  Plus fréquent ici et aussi plus souple est 5. ... Ff8-e7, suivi de 6. Tf1-e1 ... et maintenant 6. ... b7-b5 car les "Blancs" menaçaient maintenant de gagner le pion e5 6. Fa4-b3. Ma pratique de la Partie Espagnole (ou de l'ouverture Ruy Lopez) ne repose que sur quelques parties rapides récentes. D'autres considérations suivront le moment voulu. C'est le regretté John Richardet – camarade de club et chic type – qui m'avait en son temps conseillé d'étudier et de jouer la Partie Espagnole. Et j'ai attendu plus de quarante-cinq ans avant de le suivre. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire.

Partie Espagnole – Gambit Jänisch (avec les "Blancs")

1. e2-e4 e7-e5 2. Cg1-f3 Cb8-c6 3. Ff1-b5 f7-f5 Une suite à la fois compliquée, osée et risquée 4. Cb1-c3 f5xe4 5. Cc3xe4 d7-d5 6. Cf3xe5 d5xe4 7. Ce5xCc6 Dd8-g5 Comme on peut aisément le constater, la partie s'envenime. Les deux protagonistes jouent pour le gain de la partie 8. Dd1-e2 Cg8-f6 9. f2-f4 Dg5xf4 10. Cc6-e5+ c7-c6 11. d2-d4 Df4-h4+ 12.g2-g3 Dh4-h3 13. Ff1-c4 L'une des meilleures cases pour le fou blanc 13... Fc8-e6 14. Fc1-f4 Ff8-d6 Enfin! Le gros retard concédé dans le développement du fou roi noir est l'une des conséquences de cette variante 15. 0-0-0 Quant on exécute le grand roque on coupe tous les ponts derrière soi. C'est vaincre ou mourir 15. ... 0-0? Mon adversaire aurait également dû opter pour le grand roque (0-0-0). Le coup du texte, soit le petit roque, constitue une erreur, et les "Blancs" vont en tirer profit 16. De2-f1! Cet à la fois subtil et tranquille coup de Dame gagne une pièce! 16. ... Dh3xDf1 Mais je dispose d'une puissante réplique! 17. Fc4xFe6+! "Avec échec!" comme aurait pu dire le regretté et "inépuisable" Dr. Savielly Tartakower. Sur ce "coup intermédiaire" – "Zwischenzug" – les "Noirs" ont abandonné car ils restent avec une pièce en moins, sans la moindre compensation.

29.08.2020

Partie Espagnole – Gambit Marshall (avec les "Blancs")

1. e2-e4 e7-e5 2. Cg1-f3 Cb8-c6 3. Ff1-b5 a7-a6 4. Fb5-a4 Cg8-f6 5. 0-0 Ff8-e7 6. Tf1-e1 b7-b5 7. Fa4-b3 0-0 8. c2-c3 d7-d5 ... le coup constitutif du fameux Gambit Marshall. Les mérites de la découverte de ce gambit reviennent à Frank-James Marshall. 9. e4xd5 Cf6xd5 10. Cf3xe5 Cc6xCe5 11. Te1xCe5 c7-c6 12. d2-d4 Fe7-d6 13. Te5-e1 Dd8-h4 Les noirs ont un pion en moins mais disposent d'une très forte attaque sur le Roi blanc. 14. g2-g3 Le mat doit être paré. Moins bon semble 14. h2-h3. 14. ... Dh4-h3 15. Fc1-e3 Fc8-g4 ... les "Noirs" recrutent "du personnel" aux fins d'intensifier leur initiative. 16. Dd1-d3 Avec cette variante, je connais des fortunes diverses car tout dépend en effet de la force de jeu de l'adversaire ; un léger avantage théorique ne suffit en règle générale pas pour gagner une partie, il faut trouver les idées et les "bons coups" permettant de concrétiser.

Si l'on ne veut pas que les "Noirs" puissent jouer le dangereux Gambit Marshall, les "Blancs" devraient opter pour le coup de pion 8. a2-a4, en lieu et place de 8. c2-c3.

Défense Sicilienne – Variante Najdorf, avec ... e7-e5 (avec les "Noirs")

1. e2-e4 c7-c5 2. Cg1-f3 d7-d6 3. d2-d4 c5xd4 4. Cf3xd4 Cg8-f6 5. Cb1-c3 a7-a6 ... copyright by GM Miguel Najdorf 6. Fc1-e3 e7-e5 Ici, l'avance e5 semble de rigueur ou adéquate. C'est en tout cas ce que Bobby Fischer jouait invariablement. Apparemment, la faiblesse de la case d5 ainsi que le pion arriéré en "d6" ne sont pas à craindre. 7. Cd4-f3 Plus fréquents sont 7. Ce2 ou 7. Cb3 7. ... Ff8-e7 8. Ff1-c4... astucieux : sur b5 suivrait tout simplement Fd5, avec avantage aux "Blancs". Quand on joue la Variante Najdorf, on coupe tous les ponts derrière soi ; c'est vaincre ou mourir... Et je joue pour le gain! C'est un peu comme au football ou dans le sport en général : je n'apprécie pas trop un insipide partage des points.

Défense Sicilienne – Variante Najdorf, avec 6. Fc1-g5 (avec les "Blancs" et les "Noirs")

1. e2-e4 c7-c5 2. Cg1-f3 d7-d6 3. d2-d4 c5xd4 4. Cf3xd4 Cg8-f6 5. Cb1-c3 a7-a6 6. Fc1-g5 La suite la plus populaire et aussi la plus aiguë 6. ... e7-e6 7. f2-f4 Ff8-e7 8. Dd1-f3 Dd8-c7 9. 0-0-0 Cb8-d7 10. g2-g4 Les "Blancs" ne lésinent pas et se montrent agressifs. 10. ... b7-b5 Étant donné que les "Blancs" attaquent à l'aile-Roi, les "Noirs" sont pratiquement forcés de tenter quelque chose à l'aile-Dame. 11. Fg5xCf6 Cd7xCf6 12. g4-g5 Cf6-d7 13. f4-f5 Même le coup prophylactique 13. a2-a3 est aussi possible ici. 13. ... e6-e5? Les "Noirs" tournent mal! Bien meilleur aurait été 13. ... Fe7xg5+ ou 13. ... Cd7-c5. Et la position reste compliquée. 14. Cc3-d5! Mon adversaire ne se laissa point troubler et trouva les meilleurs coups. Et quelques coups plus tard, je perdis cette partie jouée via Internet.

Défense Sicilienne - Variante Sozin (avec les "Blancs")

1. e2-e4 c7-c5 2. Cg1-f3 Cb8-c6 3. d2-d4 c5xd4 4. Cf3xd4 Cg8-f6 5. Cb1-c3 d7-d6 6. Ff1-c4 C'était le coup favori de Bobby Fischer dans cette variante. Dans beaucoup de système d'ouvertures, "c4" est une excellente case pour ce fou qui désormais lorgne vers le point névralgique "f7" 6. ...e7-e6 7. Fc4-b3 afin d'éviter le pseudo-sacrifice Cf6xe4, suivi de la poussée libératrice classique d7-d5! 7. Ff8-e7 8. Fc1-e3 0-0 9. 0-0 Il existe bien entendu d'autres plans comme 9. Dd1-e2 suivi du grand roque – 0-0-0. Quoi qu'il en soit, et quel que soit le développement pour lequel on se décide, il s'ensuit une partie compliquée et une lutte passionnante. Parfois j'ai l'impression que tout ne tient qu'à un fil et que la moindre erreur peut déjà s'avérer fatale. Tout récemment, j'ai gagné une partie avec cette variante. J'avais gagné un pion en milieu de partie, puis ai conservé cet avantage matériel jusqu'en finale. À un moment donné et à tort, mon adversaire me proposa l'échange des fous de cases blanches. J'ai accepté, et il en a résulté une finale de tours gagnante. Morale de l'histoire : il faudrait éviter les échanges quand on se trouve en infériorité sur le plan matériel – purement comptable. Comme pour toutes les règles, les exceptions et les sous-exceptions ne manquent pas non plus dans la conduite d'une partie d'échecs. Après avoir compté le matériel à disposition pour chaque camp, il s'agit ensuite de considérer les particularités inhérentes à la position. À ce propos, il est bon de rappeler que les pièces – du pion à la Dame et même au Roi – possèdent deux sortes de valeurs : une valeur absolue, tout au début de la partie, soit au stade initial, et une valeur relative – et fluctuante comme les cours boursiers – dès que les premiers coups de la partie sont joués.

Défense Sicilienne – Variante Swechnikov (avec les "Blancs")

1. e2-e4 c7-c5 2. Cg1-f3 Cb8-c6 3. d2-d4 c5xd4 4. Cf3xd4 Cg8-f6 5. Cb1-c3 e7-e5 La "Jagdvariante", déjà jouée par l'illustre Dr Emanuel Lasker. Quand on joue une telle variante, on joue le tout pour le tout – on ne fait pas dans la dentelle. Mais ce faisant on risque aussi de perdre. Il a été dit que pour gagner, il fallait laisser une chance à l'adversaire. Ce qui est bien vrai car dans une position compliquée et dans laquelle on laisse le choix à l'adversaire, le risque de pouvoir commettre une erreur est omniprésent. 6. Cd4-b5 d7-d6 7. Fc1-g5 a7-a6 8. Fg5xfC6 Comme dans Fischer - Soltis (1971). Possible est aussi le coup couramment pratiqué, soit le repli 8. Cb5-a3.

De nos jours, beaucoup de joueurs craignent à juste titre cette variante extrêmement complexe, et l'évitent en optant pour les systèmes dits fermés, 2. Cb1-c3, 2. f2-f4, 2. Ff1-c4, g2-g3 ou encore 2. b2-b3. Pour ma part, je préfère les systèmes d'ouvertures classiques et exigeants. Et si l'adversaire en connaît davantage que moi sur le plan théorique, qu'importe : allons-y et combattons vaillamment!

Je suis en train de jouer une partie de la variante Swechnikov avec les noirs. Les coups d'ouverture ne tarderont pas à être dûment commentés ici. Ladite partie n'en est qu'à son début mais elle promet de devenir passionnante ; ce sera : vaincre ou mourir!

Défense Sicilienne – Variante "fermée" : sans d2-d4 (avec les "Noirs")

1. e2-e4 c7-c5 2. Cb1-c3 La continuation dite "fermée" en lieu et place de la suite classique 2. Cg1-f3. Cette suite est caractérisée par le fait que les blancs renoncent à la poussée d2-d4. 2. ... Cb8-c6 Contrôle la case d4. 3. f2-f4 Les deux pions e4 et f4 se trouvent côte à côte. Ils semblent faire la course. Cette formation est aussi appelée "Attaque Grand-Prix", inspirée du départ des courses automobiles de F1. 3. ... d7-d6 4. Lf1-b5 Lc8-d7 5. Cg1-f3 a7-a6 5. ... Cg8-f6 aurait semble-t-il été préférable. 6. Fb5xCc6 Fd7xFc6 7. d2-d3 Le "modeste" coup de pion mais non sans venin, typique pour cette variante. 7. ... Cg8-f6 8. 0-0 e7-e6 9. Cf3-g5 Ff8-e7 10. f4-f5 e6xf5. Par la suite, les "Noirs" n'ont pas eu assez de contre-jeu, ce qui arrive fréquemment dans la variante "fermée", et les Blancs gagnèrent cette partie de Blitz jouée online via Internet.

Défense Est-Indienne (avec les "Noirs")

1. d2-d4 Cg8-f6 2. c2-c4 g7-g6 3. Cb1-c3 Ff8-g7 4. e2-e4 d7-d6 5. f2-f4 0-0 6. Cg1-f3 J'ai constaté – à mes dépens – que 6. ... e5, qui faisait littéralement fureur dans le premier quart du XXème siècle, ne donne rien de tangible. Il vaut mieux opter pour 6. ... c7-c5 7. d4-d5 e7-e6 ou pour le dynamique sacrifice de pion b7-b5, un peu dans l'esprit du Gambit Wolga.

Défense Grünfeld – Variante d'échange (avec les "Noirs")

1. d2-d4 Cg8-f6 2. c2-c4 g7-g6 3. Cb1-c3 d7-d5 Ce coup de pion intempestif – et peut-être même prématuré – caractérise cette célèbre défense inventée par Ernst Grünfeld. 4. c4xd5 Cf6xd5 5. e2-e4. La variante d'échange a gardé tout son venin ; elle laisse un centre puissant aux blancs. Et les noirs doivent le combattre de toutes leurs forces, notamment par la poussée c5. La théorie, c'est bien, mais la pratique c'est tout autre chose 5. ... Cd5xCc3 6. b2xCc3 Ff8-g7 7. Cg1-f3 Autrefois, on jouait presque exclusivement 7. Cg1-e2. 7. ... c7-c5 Sans ce coup de pion visant à combattre ou à miner le centre des "Blancs", les "Noirs" ne s'en sortent pas!

Défense Grünfeld – Variante avec le Fianchetto g2-g3 pour les "Blancs" (avec les "Noirs")

1. d2-d4 Cg8-f6 2. Cg1-f3 En lieu et place du coup classique 2. c2-c4, les "Blancs" optent pour le coup du texte afin d'éviter le Gambit de Budapest 2. ... e7-e5 ainsi que l'agressive Défense Ben-Oni 2. c7-c5. 2. ... g7-g6 3. c2-c4 Ff8-g7 4. Cb1-c3 d7-d5 Les "Noirs" auraient aussi pu jouer 4. ... d7-d6, qui transpose dans une ligne classique de la Défense Est-Indienne. 5. Dd1-b3 L'une des variantes les plus désagréables pour les noirs. 5. ... d5xc4 Par cette "liquidation" pour ainsi dire forcée, les "Noirs" concèdent un centre de pions puissant aux "Blancs". Il s'ensuit une lutte à la fois compliquée et incertaine quant à son issue. 6. Db3xc4 0-0 Safety first! 7. e2-e4 La poussée centrale thématique. 7. ... Cb8-a6 visant l'émancipation par c7-c5. 8. Ff1-e2 c7-c5 Comme dans tant de positions similaires, le centre de pions est maintenant attaqué. 9. d4-d5 e7-e6 Décidément, pas de répit pour le centre des "Blancs". 10. Fc1-e3 e6xd5 11. e4xd5 Il est tout de même impressionnant, ce pion "en poste avancé" sur la case d5! Et il m'a même inspiré quelque crainte 11. ... b7-b6 Aussi possible – et probablement meilleur – aurait été 11. Ca6-b4. Après une âpre lutte sans merci jusqu'en finale dans cette partie jouée online, via Internet, les "Noirs" l'emportèrent.

Partie Anglaise – avec les fianchettos g3 et g6 (avec les "Noirs")

1. c2-c4 C'est peut-être, d'un point de vue purement scientifique, le meilleur coup d'ouverture. Qu'est-ce la vérité? En tout cas, il est flexible et très redouté car on ne sait pas de quelle manière les "Blancs" vont placer leurs autres pions centraux par la suite. 1. ... g7-g6 Déjà au premier coup, les alternatives ne manquent pas : 1. ... e7-e5, 1. ... Cg8-f6, 1. ... c7-c5 ou encore 1. ... e7-e6 avec transposition fréquente dans le Gambit de la Dame ou la Partie Catalane. 2. Cb1-c3 La méthode moderne qui consiste à contrôler le centre au moyens de pièces et non de pions. 2. ... Ff8-g7 Conséquence logique du coup précédent. 3. g2-g3 Les "Blancs" aussi veulent développer leur Fou Roi en fianchetto. 3. ... Cg8-f6 D'une pierre deux coups : on développe harmonieusement ses pièces et on se prépare à roquer (0-0 4. Ff1-g2 0-0 5. e2-e4 d7-d6 Pour empêcher l'avance e4-e5. Une autre possibilité consiste en 5. ... c7-c5. 6. Cg1-e2 Une construction pleine d'élasticité : Les "Blancs" ne dévoilent encore pas ce qu'ils veulent faire de leur pion Dame. 6. ... c7-c5 7. 0-0 Avant de passer à d'autres opérations concrètes comme on va le voir par la suite, les "Blancs" s'empressent de mettre leur monarque en sécurité. 7. ... Cb8-c6 Les "Noirs" poursuivent leur développement tout en exerçant une pression sur la case d4. 8. d2-d3 À ce stade, d'autres coups sont également possibles. 8. ... e7-e6 En vue de la poussée f7-f5 qui va suivre. 9. f2-f4 Mon adversaire devient agressif! 9. ... Cf6-e8 Afin de permettre, au coup suivant, la poussée f7-f5. On retrouve la même idée dans les variantes principales de la fort complexe "Défense Est-Indienne" 10. g2-g4 Décidément! Mais je vais bien entendu pas me laisser envahir de la sorte... 10. ... f7-f5 ... enfin! Une poussée libératrice typique. Verdict de "l'ordinateur" : position à peu près égale, avec toutefois un léger plus en faveur des "Blancs". Au terme des complications résultant de la poussée f7-f5, et aussi suite à quelques imprécisions de part et d'autre – "Errare humanum est, [...]" – les "Noirs" remportèrent cette partie par abandon – "par jet de l'éponge" – au 27ème coup. Donc : 0 – 1!

Conclusion

Cette toute nouvelle page est mise au goût jour au fur et à mesure des expériences que je ferai avec quelques-unes des nombreuses ouvertures et variantes jouées en son temps par le génial Bobby Fischer. Elles ne sont dès lors pas encore toutes répertoriées ici.



À l'instar d'innombrables joueurs d'échecs, aussi bien professionnels qu'amateurs, Bobby Fischer affectionnait tout particulièrement de pouvoir conserver – aussi longtemps que possible dans chacune de ses parties – sa paire de fous. C'est ce que Mme Rosemarie J. Pfortner, Artiste-Peintre, a illustré avec bonheur et talent par son superbe pastel ci-dessus, et qu'elle a mis gracieusement à ma disposition pour agrémenter cette page. Et je saisis ici l'opportunité de l'en remercier.

26.06.2020



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